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	<title>Minimum 18$ Archives - Collectif pour un Québec sans pauvreté</title>
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	<description>Pour un Québec sans pauvreté, égalitaire et riche de tout son monde</description>
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		<title>1er mai et hausse du salaire minimum: Le gouvernement regarde les travailleuses et les travailleurs s’appauvrir sans broncher</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Patrice Lemieux-Breton]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Apr 2022 14:07:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Communiqués]]></category>
		<category><![CDATA[Salaire minimum]]></category>
		<category><![CDATA[1er mai]]></category>
		<category><![CDATA[Minimum 18$]]></category>
		<category><![CDATA[salaire minimum]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 1er mai, le salaire minimum passe à 14,25 $ au Québec, une augmentation de 75 cents. Le Collectif pour un Québec sans pauvreté considère cette faible hausse comme irresponsable et insultante pour les centaines de milliers de travailleurs et travailleuses qui vivent dans la pauvreté et qui perdent chaque jour un peu plus de leur pouvoir [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 1<sup>er</sup> mai, le salaire minimum passe à 14,25 $ au Québec, une augmentation de 75 cents. Le Collectif pour un Québec sans pauvreté considère cette faible hausse comme irresponsable et insultante pour les centaines de milliers de travailleurs et travailleuses qui vivent dans la pauvreté et qui perdent chaque jour un peu plus de leur pouvoir d’achat.</p>
<h1><strong>Des travailleuses et des travailleurs qui s’appauvrissent</strong></h1>
<p>Rappelons que, depuis l’automne dernier, le Collectif revendique un salaire minimum d’au moins 18 $ l’heure. C’est le montant qu’il faut pour espérer sortir de la pauvreté en travaillant à temps plein au Québec. En 2021, 855 100 travailleuses et travailleurs gagnaient 18 $ l’heure ou moins.</p>
<p>« <em>Avec son augmentation ridicule du salaire minimum, non seulement le gouvernement refuse-t-il d’aider ces personnes à sortir de la pauvreté, mais il les regarde s’appauvrir sans broncher</em>, lance la porte-parole du Collectif, Virginie Larivière. <em>En effet, la hausse de 75 cents n’accote même pas la hausse du coût de la vie des 12 derniers mois. Alors que l’Indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 6,7 % de mars 2021 à mars 2022 au Québec ─ du jamais-vu dans les 30 dernières années ─ la hausse de 75 cents du salaire minimum correspond à une augmentation de 5,5 %</em>. »</p>
<p>« <em>Et précisons que ce sont seulement les personnes gagnant moins de 14,25 $ qui profiteront de cette hausse insuffisante. Pour toutes les personnes gagnant entre 14,25 $ et 18 $, c’est le statu quo. Déjà, en novembre dernier, les <a href="https://banquesalimentaires.org/plus-de-600-000-quebecois-se-tournent-chaque-mois-vers-les-banques-alimentaires-du-quebec/" target="_blank" rel="noopener">Banques alimentaires du Québec</a> nous rappelaient que le nombre de personnes avec des revenus d’emploi qui ont eu recours à leurs services a connu une hausse de 40 % entre mars 2019 et mars 2021, en raison de la pandémie et de la forte inflation</em>. <em>Tout porte à croire que la tendance n’est pas près de s’inverser… et le gouvernement s’en lave les mains! »</em></p>
<h1><strong>Un ministre dépassé</strong></h1>
<p>Pendant ce temps, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, nous apprenait <a href="https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2022-03-31/boulet-predit-un-salaire-minimum-a-15-l-heure-en-2023.php" target="_blank" rel="noopener">le 31 mars dernier</a> qu’il n’est « pas fermé du tout » à l’idée que le salaire minimum atteigne ou même dépasse les 15 $ l’heure en 2023, en autant que le salaire horaire moyen augmente à 30 $ ou plus.</p>
<p>Virginie Larivière poursuit : « <em>En dehors du fait que ce montant est complètement dépassé, le vrai problème, c’est que le ministre se cache derrière un postulat économique fort douteux pour justifier ses hausses timides. Selon ce postulat, un salaire minimum dépassant 50 % du salaire horaire moyen entraînerait de lourdes pertes d’emploi. Plusieurs provinces canadiennes ont toutefois dépassé ce seuil au cours des dernières années, que ce soit la Nouvelle-Écosse, la Colombie-Britannique, l’Ontario, l’Alberta ou l’Île-du-Prince-Édouard, et ce, sans impacts négatifs sur l’emploi.</em></p>
<p>« <em>Un autre argument invoqué par le ministre Boulet est qu’il veut ménager les entreprises qui ne l’ont pas eu facile pendant la pandémie. Mais pourquoi ne se laisse-t-il pas guider par la même empathie envers les travailleuses et les travailleurs à faible revenu, qui en ont aussi arraché pendant la crise sanitaire? Pourquoi un tel parti pris? Pourquoi serait-ce aux travailleuses et aux travailleurs de payer la note?</em> »</p>
<h1><strong>Pour vivre comme du monde</strong></h1>
<p>Le 1<sup>er</sup> mai, ce n’est pas seulement le jour de l’entrée en vigueur de la hausse du salaire minimum. C’est aussi la <em>Journée internationale des travailleuses et des travailleurs</em>, qui se tient cette année sous le thème « Pour vivre comme du monde ». Aux côtés de ses partenaires de la <a href="https://www.facebook.com/Coalitionminimum18" target="_blank" rel="noopener">coalition Minimum 18$</a>, le Collectif participera aux activités de cette journée pour rappeler au gouvernement que, pour vivre comme du monde, il faut notamment un salaire minimum d’au moins 18 $ l’heure.</p>
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		<title>Du 1er avril au 1er mai</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Patrice Lemieux-Breton]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Apr 2022 12:50:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[1er avril]]></category>
		<category><![CDATA[1er mai]]></category>
		<category><![CDATA[Minimum 18$]]></category>
		<category><![CDATA[salaire minimum]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans cette édition de La Soupe au caillou, le Collectif vous invite à participer aux activités prévues un peu partout au Québec à l&#8217;occasion de la Fête internationale des travailleurs et des travailleuses pour rappeler au gouvernement que, «pour vivre comme du monde» (qui est le thème de cette année), ça prend un salaire décent! [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans cette édition de La Soupe au caillou, le Collectif vous invite à participer aux activités prévues un peu partout au Québec à l&rsquo;occasion de la Fête internationale des travailleurs et des travailleuses pour rappeler au gouvernement que, «pour vivre comme du monde» (qui est le thème de cette année), ça prend un salaire décent! Différentes citations recueillies auprès des travailleuses et de travailleurs à faible revenu nous rappellent la différence qu&rsquo;une véritable hausse du salaire minimum pourrait faire dans la vie des gens.</p>
<p>Vous trouverez aussi un bref bilan de l&rsquo;action du visibilité du 1er avril qui visait à rappeler au gouvernement du Québec qu’une personne sur dix ne couvre pas ses besoins de base et qu’il est urgent qu’il agisse pour mettre fin à ce scandale.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>RAPPEL:</strong></p>
<p>Vous pouvez choisir la version pour lecture <a href="https://archive.pauvrete.qc.ca/document/soupe-460/?wpdmdl=19265&amp;ind=1" target="_blank" rel="noopener">à l&rsquo;écran</a> ou la version <a href="https://archive.pauvrete.qc.ca/document/soupe-460/?wpdmdl=19265&amp;ind=0" target="_blank" rel="noopener">imprimable</a>. Pour la version imprimée du bulletin, il faut plier la feuille (8.5 X 11) au milieu sur le sens de la longueur, comme un dépliant.</p>
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		<title>Minimum 18$: une coalition pour un salaire décent</title>
		<link>https://archive.pauvrete.qc.ca/minimum18-coalition/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Patrice Lemieux-Breton]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Apr 2022 13:40:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Salaire minimum]]></category>
		<category><![CDATA[Minimum 18$]]></category>
		<category><![CDATA[salaire minimum]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une nouvelle coalition a récemment vu le jour pour revendiquer un salaire minimum décent. Composée d’une dizaine[1] de partenaires communautaires et syndicaux considérant que le temps était venu de revoir la cible de 15$ l’heure portée pendant cinq ans, la coalition entend talonner le gouvernement pour qu’il hausse, le plus rapidement possible, le salaire minimum [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Une nouvelle coalition a récemment vu le jour pour revendiquer un salaire minimum décent. Composée d’une dizaine<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> de partenaires communautaires et syndicaux considérant que le temps était venu de revoir la cible de 15$ l’heure portée pendant cinq ans, la coalition entend talonner le gouvernement pour qu’il hausse, le plus rapidement possible, le salaire minimum à au moins 18$ l’heure. D’où son nom: Minimum 18$!</p>
<p><span style="color: #ff0000;">(Article de la porte-parole du Collectif, Virginie Larivière, tiré du <span style="color: #3366ff;"><a style="color: #3366ff;" href="http://www.fafmrq.org/wp-content/uploads/2022/03/LiaisonVF_Mars2022_LowRes.pdf" target="_blank" rel="noopener">bulletin de la FAFMRQ</a></span> de mars 2022)</span></p>
<h1><strong>TRAVAILLER ET RESTER PAUVRE</strong></h1>
<p>Depuis 2019, la mesure du panier de consommation (MPC) est le seuil officiel de pauvreté au Canada. La MPC mesure le montant minimal que doit débourser une personne ou une famille pour couvrir ses besoins de base (nourriture, habillement, logement, transport, autres biens et services). Toutefois, pour les partenaires de Minimum 18$, la simple couverture des besoins de base ne saurait représenter la sortie de pauvreté<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a>.</p>
<p>Pour asseoir sa revendication sur une base plus ambitieuse, la coalition a retenu deux autres indicateurs, soit la Mesure de faible revenu à 60 % du revenu médian (MFR-60) de Statistique Canada et le Revenu viable de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques. Selon ces indicateurs, le montant de 18$ représente le taux horaire minimum nécessaire pour qu’une personne qui travaille à temps plein toute l’année puisse espérer sortir de la pauvreté au Québec.</p>
<p>En 2020, plus de mille personnes avec un salaire de 20$ l’heure ou moins ont répondu à un sondage du Collectif pour un Québec sans pauvreté. Le sondage cherchait entre autres à savoir ce qui changerait dans la vie des personnes au bas de l’échelle advenant une augmentation importante du salaire minimum.</p>
<p><strong>Les réponses, éloquentes, illustrent bien le poids de la pauvreté dans le quotidien, mais aussi dans le parcours d’une vie.</strong></p>
<blockquote><p><em>J’aurais sûrement eu un parcours scolaire plus facile et plus rapide qui m’aurait permis de rentrer sur le marché du travail plus rapidement, mais quand il faut que tu travailles en allant au cégep… moi, ça m’a pris quatre ans faire mon préuniversitaire en sciences pures. Le fait que ça a pris quatre ans, ça retarde tout, le fait que t’es pognée dans ton salaire minimum plus longtemps parce qu’il faut que tu travailles plus pour subvenir à tes besoins, tu n’as pas le temps de te consacrer à tes études</em>. (Amélie, agente en sensibilisation communautaire)</p>
<p><em>Avoir un meilleur salaire pour moi ça ferait en sorte que je pourrais probablement move out de mon appartement où il y a de la moisissure et régulièrement des infestations et dans lequel je partage ma chambre</em>. (Sophie, barista)</p>
<p><em>[Je ferais des] économies! Des économies, moi je veux dire, je n’ai pas de caisse de retraite, je n’ai pas de fonds de pension là, [avec] ma job, moi, je n’aurai rien en finissant pis je vais être usée à la corde</em>. (Mary Ann, éducatrice et préposée)</p>
<p><em>Ce qui m’a impacté le plus, c’est quand j’ai réalisé que je n’avais même pas les moyens de payer un cours de danse de 15 semaines à mon enfant</em>. (Luc, travailleur dans le commerce)</p></blockquote>
<p>Comme un vieux disque qui saute, les groupes patronaux et le gouvernement répètent depuis des années que le meilleur rempart contre la pauvreté, c’est l’emploi. Or, cette affirmation est fausse pour les travailleurs et travailleuses rémunéré·es au salaire minimum! Et malheureusement, elle restera fausse après la hausse de 0,75$ qui portera le salaire minimum à 14,25$ l’heure le 1er mai prochain.</p>
<p>Selon le <em>Bilan-Faim</em>, un rapport produit par les Banques alimentaires du Québec, le nombre de personnes avec des revenus d’emploi qui ont eu recours à leurs services a connu une hausse de 40% entre mars 2019 et mars 2021. Cette hausse serait attribuable à la pandémie et à la forte poussée inflationniste des derniers mois. Dans un contexte où aliments, logement et transport connaissent une augmentation sans précédent depuis 1991, la nécessité d’augmenter de façon importante le salaire minimum, et ce, le plus rapidement possible, apparaît plus que jamais comme une évidence.</p>
<h1><strong>DÉCONSTRUIRE LES MYTHES</strong></h1>
<p>Malgré tout, les groupes patronaux, comme à leur habitude, appellent le gouvernement à la prudence, arguant qu’une hausse trop élevée du salaire minimum entraînerait de nombreux effets négatifs : perte massive d’emplois, décrochage scolaire, hausse des prix à la consommation. Or, aucune de ces prévisions alarmistes, essentiellement basées sur des modèles et des théories économiques, ne résiste à une analyse empirique sérieuse. L’analyse des effets de certaines augmentations substantielles du salaire minimum montre que les catastrophes qui avaient été annoncées ne se sont pas concrétisées. Pour le dire simplement : plusieurs mythes sont colportés année après année par le patronat et le gouvernement!</p>
<p>Un des mythes les plus tenaces veut qu’un salaire minimum trop élevé entraîne la destruction de milliers d’emplois. Or, des études démentent ce mythe. C’est le cas notamment des travaux de David Card et Alan Kruger<a href="#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a>, qui arrivent à la conclusion que la hausse de 19% du salaire minimum au New Jersey en 1992 n’avait pas engendré de perte d’emplois. En observant les effets de la hausse après son entrée en vigueur, les chercheurs sont arrivés à des résultats beaucoup plus nuancés que ceux obtenus à partir des prédictions habituelles.</p>
<p>À l’époque, les travaux de ces deux économistes ont suscité énormément de controverse, tant ils bouleversaient les assises théoriques développées sur le sujet. En 2021, près de trente ans après leur publication, ces travaux ont valu à David Card<a href="#_ftn4" name="_ftnref4">[4]</a> d’être nommé co-lauréat du prix Nobel d’économie.</p>
<p>Un autre exemple: en 2011, le gouvernement de la Colombie-Britannique a annoncé une augmentation du salaire minimum de 28%. Gelé depuis presque 10 ans, le salaire minimum allait passer de 8$ à 10,25$ l’heure. Préoccupé par cette annonce, l’Institut Fraser avait prédit que, selon sa boule de cristal, cette hausse entraînerait la perte de plus de 52000 emplois chez les jeunes de moins de 25 ans, soit 16% des emplois occupés par ce groupe d’âge. La hausse entra en vigueur, telle qu’annoncée.</p>
<p>Le Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) a analysé les effets de cette hausse sur l’emploi des jeunes salarié·es: non seulement les pertes d’emplois ont été bien moindres que celles annoncées par l’Institut Fraser (3800 emplois, ou 1,6%, chez les 15 à 24 ans entre 2010 et 2013), mais le taux d’emploi a par la suite augmenté pour se rétablir, en 2015, au même niveau qu’en 2010. De quoi renoncer à cette boule de cristal, non ? D’autant que les résultats obtenus par Card et Kruger et par le CCPA ne sont pas des cas isolés<a href="#_ftn5" name="_ftnref5">[5]</a>.</p>
<p>Il serait également temps que le gouvernement délaisse l’argument de l’économiste Pierre Fortin qui prétend que le salaire minimum doit idéalement équivaloir à 47% du salaire moyen, et ne jamais dépasser 50%. Selon Fortin, «chaque fois qu’on augmente ce rapport d’un point de pourcentage, on détruit 8000 emplois<a href="#_ftn6" name="_ftnref6">[6]</a>».</p>
<p>Après avoir limité le salaire minimum à 47% du salaire moyen à partir de la fin des années 1990, le gouvernement, sous la pression du mouvement réclamant 15$ l’heure, a déplacé en 2017 le curseur du ratio, afin de fixer le salaire minimum à 50% du salaire moyen. Les prophéties de Fortin ne se sont pas réalisées. Elles ne se sont pas réalisées non plus sur le marché de l’emploi de la Nouvelle-Écosse, de la Colombie-Britannique, de l’Ontario, de l’Alberta et de l’Île-du-Prince-Édouard, qui ont vu passer au cours des dernières années leur ratio au-delà du seuil de 50%. Certaines d’entre elles l’ont même fait passer au-delà de 55%. Voilà qui ébranle sérieusement la théorie de M. Fortin.</p>
<h1><strong>18$ L’HEURE LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE</strong></h1>
<p>Que le patronat élabore son discours à partir d’énoncés qui vont dans le sens de ses intérêts, cela n’a rien de surprenant. Mais que le gouvernement reprenne à son compte ces mêmes énoncés pour déterminer le taux du salaire minimum et refuse catégoriquement d’augmenter le salaire minimum au-delà de 50% du salaire moyen, voilà qui est dérangeant.</p>
<p>Il est non seulement possible d’augmenter de façon importante le salaire minimum, il est même souhaitable de le faire! Même le journal britannique <em>The Economist</em> — qui n’est pas reconnu pour ses analyses de gauche — plaidait récemment qu’il est temps de revoir nos façons d’étudier les effets du salaire minimum<a href="#_ftn7" name="_ftnref7">[7]</a>.</p>
<p>Qu’attend donc le gouvernement pour s’intéresser à ces travaux et s’en inspirer? Qu’attend-il donc pour rendre véridique l’affirmation voulant que le travail soit le meilleur rempart contre la pauvreté? Qu’attend-il pour augmenter le salaire minimum à 18$ l’heure?</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Le Front de défense des non-syndiqué·es, le Collectif pour un Québec sans pauvreté, le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants, la Confédération des syndicats nationaux, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, la Centrale des syndicats démocratiques, la Centrale des syndicats du Québec, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec et l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Pour une critique de l’indifférenciation entre «couverture des besoins de base» et «sortie de la pauvreté» et des implications qui en découlent, voir Ducharme et Dupuis, Seuil officiel de pauvreté: une confusion à dénoncer. Le Devoir, section Libre opinion, 13 novembre 2018. URL: https://www.ledevoir.com/ opinion/libre-opinion/541198/seuil-officiel-de-pauvrete-uneconfusion-a-denoncer</p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> Card et Kruger, 1994. Minimum Wages and Employment: A Case Study of the Fast-Food Industry in New Jersey and Pennsylvania, The American Economic Review, Vol. 84, No. 4., pp. 772-793. URL: https://davidcard.berkeley.edu/papers/ njmin-aer.pdf</p>
<p><a href="#_ftnref4" name="_ftn4">[4]</a> Puisque Alan Kruger est décédé en 2009 et que le Nobel n’est pas remis à titre posthume, seul David Card l’a reçu</p>
<p><a href="#_ftnref5" name="_ftn5">[5]</a> Voir notamment : Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale (2021), Analyse d’impact économique – Révision du taux général du salaire minimum, p.28; Direction des statistiques du travail et de la rémunération (2011), Hausse du salaire minimum au Québec et évolution de l’emploi : que disent les données statistiques?, feuillet de l’Institut de la statistique du Québec Doucouliagos et Stanley (2009), Publication Selection Bias in Minimum-Wage Research? A Meta-Regression Analysis, British Journal of Industrial Relations, pp.406-428</p>
<p><a href="#_ftnref6" name="_ftn6">[6]</a> Radio-Canada, 2016. Le salaire minimum à 15 $, «une bombe atomique», selon Pierre Fortin. URL: https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/809095/salaire-minimum-fortin-15-dollars-emplois-education [consulté en ligne le 4 février 2022]</p>
<p><a href="#_ftnref7" name="_ftn7">[7]</a> The Economist, 2020. What harm do minimum wages do? URL: https://www.economist.com/schools-brief/2020/08/15/what-harmdo-minimum-wages-do [consulté en ligne le 4 février 2022]</p>
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		<title>Hausse du salaire minimum: une autre occasion ratée</title>
		<link>https://archive.pauvrete.qc.ca/salaire-minimum-une-autre-occasion-ratee/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Patrice Lemieux-Breton]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Jan 2022 18:51:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Communiqués]]></category>
		<category><![CDATA[Salaire minimum]]></category>
		<category><![CDATA[Minimum 18$]]></category>
		<category><![CDATA[salaire minimum]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En se limitant à une maigre augmentation de 0,75 $ du salaire minimum, le gouvernement Legault rate encore une fois l’occasion de lutter contre la pauvreté, d’appuyer la reprise économique et d’apporter des solutions concrètes aux problèmes de rareté de main-d’œuvre, estiment les membres de la coalition Minimum 18 $. De plus, cette hausse ne pourra permettre [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En se limitant à une maigre augmentation de 0,75 $ du salaire minimum, le gouvernement Legault rate encore une fois l’occasion de lutter contre la pauvreté, d’appuyer la reprise économique et d’apporter des solutions concrètes aux problèmes de rareté de main-d’œuvre, estiment les membres de la coalition Minimum 18 $. De plus, cette hausse ne pourra permettre à une personne seule travaillant à temps plein au salaire minimum de se sortir de la pauvreté, préviennent-ils. En raison notamment des augmentations marquées du coût de la vie ces dernières années, le salaire minimum aurait dû être haussé à 18 $ l’heure, font-ils valoir.</p>
<p>« Alors que l’augmentation actuelle du coût de la vie menace de nombreux travailleurs et travailleuses à faible revenu, cette hausse nous apparaît complètement déconnectée de la réalité », ont réagi les porte-paroles de la FTQ, de la CSN, de la CSQ, de la CSD, de l’APTS, du SFPQ, du SPGQ, du Collectif pour un Québec sans pauvreté, du Front de défense des non-syndiqué-es (FDNS) et du Centre des travailleurs et travailleuses immigrants.</p>
<p>« Le gouvernement ne réalise pas que le salaire minimum actuel, qu’il soit à 13,50 $ ou 14,25 $, ne permet aucunement aux travailleuses et aux travailleurs qui le gagnent de vivre dignement. Avec une telle hausse, il envoie également un message aux employeurs : il ne faudrait surtout pas donner le coup de barre nécessaire en matière de rémunération pour réussir à attirer cette main-d’œuvre qu’ils se plaignent de ne pas trouver. Enfin, le gouvernement ne semble pas comprendre à quel point le salaire minimum constitue non seulement un moyen approprié de lutter contre la pauvreté, mais également un levier de relance économique. En ce sens, nous nous serions attendus à un plan clair de la part du gouvernement afin d’atteindre le 18 $ l’heure le plus rapidement possible. »</p>
<p>La Coalition reproche au gouvernement de persister à vouloir établir le salaire minimum à hauteur de 50 % du salaire horaire moyen. Pour le milieu syndical et communautaire, cette cible ne prend nullement en compte les besoins des individus et ne leur permet pas de vivre autrement que dans la pauvreté. Rappelons que, pour établir leur revendication à 18 $, les membres de la coalition ont pris en considération différentes données, notamment la mesure de faible revenu à 60 % de la médiane des revenus (MFR-60), un indicateur utilisé par l’Union européenne, beaucoup plus englobant que la mesure du panier de consommation (MPC), qui ne tient compte que des besoins de base (à savoir se nourrir, se loger, se vêtir et se déplacer).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em><strong>Communiqué de la coalition Minimum 18$, qui comprend les groupes suivants:</strong></em></p>
<p><em><strong>CSN, FTQ, CSQ, CSD, APTS, SFPQ, SPGQ, Collectif pour un Québec sans pauvreté, Front de défense des non-syndiqué-es (FDNS), Centre des travailleurs et travailleuses immigrants</strong></em></p>
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		<title>Lancement de la campagne Minimum 18$</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Patrice Lemieux-Breton]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Dec 2021 14:20:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Communiqués]]></category>
		<category><![CDATA[Salaire minimum]]></category>
		<category><![CDATA[Minimum 18$]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un nouveau consensus voit le jour au sein du mouvement syndical et communautaire québécois : le salaire minimum doit être haussé à 18 $ l’heure, et ce, afin d’assurer qu’une personne seule travaillant 35 heures par semaine puisse se sortir de la pauvreté. C’est la raison d’être de la coalition Minimum 18$, lancée ce matin, qui demande au gouvernement de François Legault de tenir compte des réalités économiques actuelles lors de l’annonce relative à la prochaine hausse du salaire minimum, attendue dans les jours à venir.</p>
<p>Cette mise à jour devenait nécessaire en fonction de la hausse du coût de la vie des dernières années. Malgré le fait qu’elle a rendu désuète la revendication antérieure de 15$ l’heure, elle révèle le statut encore plus inapproprié du salaire minimum actuel de 13,50$, soutiennent les membres de la coalition. Cette dernière regroupe le Collectif pour un Québec sans pauvreté, le Front de défense des non-syndiqué-es, le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants, la FTQ, la CSN, la CSD, l’APTS, le SFPQ et le SPGQ.</p>
<p>« Il n’y a aucune raison, ni économique et encore moins morale, à ce qu’une personne travaillant à temps plein au Québec soit contrainte de vivre dans la pauvreté », ont fait valoir les représentantes et les représentants de la coalition lors du lancement de leur campagne ce matin. « Il est de la responsabilité de notre gouvernement de veiller à ce que tous les Québécois et toutes les Québécoises puissent, par leur travail, vivre dignement. »</p>
<p>« La pandémie aura révélé le rôle essentiel du personnel des résidences pour aîné-es, de la chaîne alimentaire et du commerce au détail, ont-ils déclaré. Or, une large proportion de ces personnes, majoritairement des femmes, doivent cumuler des emplois sous-payés, mais demeurent tout de même incapables de joindre les deux bouts pour faire vivre leur famille. En n’intervenant pas directement par l’entremise de la hausse du salaire minimum, le gouvernement cautionne cette marginalisation économique, cette exclusion sociale de centaines de milliers de travailleuses et de travailleurs, tout comme celle de leurs enfants. »</p>
<p>La vigueur actuelle de la reprise économique et les problèmes, omniprésents, de pénurie et de rareté de main-d’œuvre favorisent considérablement une telle hausse du salaire minimum, plaident les organisations syndicales et communautaires. Elles soulignent que les secteurs de la restauration et du commerce de détail, bien que ne représentant que 17% de l’emploi total au Québec, cumulent pourtant à eux seuls 44 000 postes vacants, soit 23% des emplois qui sont à combler à l’heure actuelle. Or, la moyenne des salaires offerts pour ces postes est de 15,07$ l’heure, bien en deçà de la moyenne de 21,80$ pour l’ensemble des postes vacants – et largement inférieure à la moyenne des salaires de l’emploi au Québec, qui se situe à 28,52$.</p>
<p>Pour effectuer la mise à jour de leur revendication relative au salaire minimum, les membres de la coalition prennent en considération différentes données, notamment la mesure à faible revenu à 60% de la médiane des revenus (MFR-60), un indicateur beaucoup plus englobant que la mesure du panier de consommation (MPC), qui ne tient compte que des besoins de base (à savoir se nourrir, se loger, se vêtir et se déplacer). À plus d’une reprise, les organisations membres de la coalition ont soulevé leurs préoccupations auprès du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale quant au côté arbitraire de sa cible, soit un salaire minimum établi à 50 % du salaire moyen.</p>
<p>D’autres organisations syndicales et communautaires sont appelées à joindre la coalition au cours des prochains jours. C’est le cas de la CSQ, dont les instances démocratiques se prononceront sur le sujet à la mi-décembre.</p>
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